Déconstruire le mythe de Ronda.

Maintenant que la poussière est retombée, que le kool-aid Ronda a été avalée, essayons de le distiller un peu. Ma chronique risque de prendre des allures d’éditoriaux. Ceci n’est pas une séance de Ronda bashing, je tiens à le préciser.

Je ne suis pas un “hater” de Ronda. J’adore les femmes d’actions en général, depuis toujours en fiction, de Ellen Ripley, à Sarah Connor, à Lara Croft, à Wonder Woman etc. J’avais hâte depuis que je suis ado (j’en ai 34 aujourd’hui) qu’on découvre LA vraie guerrière. LA véritable amazone. Un modèle féminin qui ne découlerait pas de la fiction.

J’ai le goût de le boire le dit kool-aid, tel un explorateur cherchant la cité perdue des amazones dans la jungle. J’attend avec impatience la prochaine Wonder Woman en chaire et en os.

J’écoutais il y a quelques semaines, des chroniqueurs comparer l’acquisition de Ronda Rousey par la WWE comme la signature de Sidney Crosby.

 

Crosby really ? J’ai une meilleur comparaison : Tiger Woods. Le jeune Tiger du temps a fait quelque chose d’impensable. Il a rajeuni l’image du sport. Du coup, le Golf était devenu cool. Les cours de Golf explosaient. Sport-études Golf ! Le Golf n’était pu une affaire de vieux riche blanc retraité, c’était rendu mainstream.

Ronda a eu cette effet là pour la division femme de la MMA. Elle l’a rendu mainstream. Elle a fait prendre les femmes au sérieux dans les sports de combats.

Sauf y’a un gros hic. Tiger a été dominant, longtemps. Pas Ronda.

Elle n’est pas non plus une Eugénie Bouchard ou Anna Kournikova, une “flash in the pan”.

En fait elle est un mélange des deux. Une grande influence pour le sport, dans un court laps de temps.

 

CHAPITRE 1, the making of  “a” Ronda.

La division féminine était une chose inévitable pour la UFC. La seule question demeurait, comment la faire lever ?

Pour ce, il fallait trouver la poster girl. The “Face” of woman MMA. La femme que le publique était prêt à payer pour voir se battre. La vérité c’est que ça fait plus de 10 ans que les femmes se battent en MMA.

En grand z’amateurs de films, je ne peux m’empêcher de penser au film culte Gladiateur de Ridley Scott. La scène ou le laniste Proximo révèle que lui aussi était gladiateur et qu’il a survécu et obtenu sa liberté parce qu’il savait gagner la foule.

“I wasn’t the best because I killed quickly. I was the best because the crowd loved me”.

Y’a de ces scènes de films qui te font frissonner même si tu les as déjà vu 100 fois.

C’est exactement ça Ronda. Comme Proximo, ce n’était pas nécessairement la meilleure. Elle avait de sérieuses lacunes au niveau de son jeu de boxe qu’on a tout fait pour cacher. On a créer un hype, la foule en redemendait. On a tous bu le kool-aid, même Joe Rogan . On a même été jusqu’à des inepties de la classer dans les livres pour livres de tous les temps.

 

Donc si Ronda était la meilleure parce que la foule l’aimait, qui était la plus rapide pour tuer ?

Cris Cyborg. Y’a juste un GROS problème. Comment tu veux faire aimer du publique mainstream une femme qui a l’air d’un raisin déshydraté sur les stéroïdes (noter ici que j’oserais même pas aller lui dire à 1km de distance de sa face). Elle a l’air de la méchante dans Million Dollar Baby.

Donc vous serez p-e surpris d’apprendre (ou p-e pas) que Ronda n’est pas la Ronda originale. Il y’a eu en effet une Ronda Beta.

Il y a une dizaine d’année, Gina Carano faisait ses débuts en MMA.

Ancienne du show American Gladiator, elle avait certainement le physique de l’emploi. Même que, si je peux me permettre de faire mon chauvin, plus charnue et sexy que Ronda, mais tout les goûts sont dans la nature j’imagine, c’est juste le mark de Gina en moi qui parle en ce moment.

Sauf que la hype machine a échouée lamentablement dans son cas. Carano s’est retrouvée avec des difficultés à maintenir son poids pour les pesées, rendant la promotion de ses combats awkward pour le moins dire (elle a due se mettre complètement nue derrière une serviette et c’était insuffisant). Étant une pionnière des early days of woman MMA, on a été évidemment la placer contre Cris Cyborg. Le résultat prévisible est arrivé, elle s’est fait démolir.

Gina Carano était devenu l’Eugénie Bouchard du MMA. Les commentaires fusaient de toute part comme de quoi qu’elle s’était rendue là à cause de son look et avait pas ce qui faut pour la grosse ligue. Quand un héros tombe, la plèbe s’acharne dessus.

Heureusement elle a rebondie très bien. Sa notoriété nouvellement acquise lui a permise d’obtenir le rôle principale (la seule à ce jour pour une combattante MMA?) dans le film Haywire.

On la fait parler peu. Elle fait ses propres cascades. On l’entoure de gros nom. Une scène de combat épique avec Michael Fassbender. Mais le film ne lève pas. Gina est certe crédible physiquement mais son jeu ne permet pas de porter un film sur ses épaules.

Au grand plaisir de ses fans, elle est revenue avec un rôle qui lui allait comme un gant. Celui de Angel Dust dans le déjà culte Deadpool.

 

Vous pensez que les américains ont été les seuls a vouloir créer une Ronda ? Nope ! Fidèle à eux même, les Japonais ont été évidemment poussé le bouchon trop loin comme d’habitude.

Enter Rin Nakai. Une petit madame muscle de 5p1. Rin Nakai se bat pour Pancrase et ont tente d’en faire la poster girl.

Évidemment le Japon étant ce qu’il est, s’en est vite venu à la limite du grotesque. On fait la promotion de Rin Nakai comme un sexe symbol quasi pornographique, quand ce n’était pas un personnage de manga.

 

Sérieusement what the F. Comment prendre un sport au sérieux avec ce genre de pesée?

Malgré son image douteuse, elle est populaire au Japon, donc la UFC la fait venir. Elle perd ses deux combats en UFC, dont un contre Miesha Tate (la première rivale de Ronda). Nakai retourne chez elle par la suite et retourne en Pancrase. Elle non plus n’avait pas ce qui fallait pour la grosse ligue.

Assez parler de Gina et Rin Nakai. Revenons à la Ronda.

Ronda est apparue sur le radar aux olypiques de 2008, lorsqu’elle a remportée la médaille de bronze en Judo.

“I think we might have something here…”

  • Les américains vénèrent leurs olympiens commes des héros
  • Elle part avec une crédibilité instantanée, médaillée dans un sport de combat reconnue comme pouvant avoir une efficacité en MMA.
  • Elle n’a pas l’air de Cris Cyborg. Elle a un babyface rond, qui rapelle un peu celui de Julia Stiles.
  • En bonus elle aime les Pokemons et Dragonball Z.
  • Mass appeal + legitimacy = $$$

 

CHAPITRE 2 Rise and Fall in MMA.

 

Voici une petite définition :

In boxingkickboxing or mixed martial arts, “tomato can” or simply “tomato” or “can” is an idiom for a fighter with poor or diminished skills (at least when compared with the opponent they are placed against) who may be considered an easy opponent to defeat, or a “guaranteed win.” Fights with “tomato cans” can be arranged to inflate the win total of a professional fighter. Similarly, a fighter whose record consists of wins over easy opponents is referred to as a “can crusher”.

L’équivalent d’une canne de tomate en lutte est évidemment un jobber.

Est-ce que Ronda s’est faite servir des cannes de tomates ? Oui et non. C’est pas noir ou blanc. Les haters vont dire que oui. Les plus nuancés vont dire que la division féminine était juste trop jeune et l’ensemble des combattantes ne maitraisaient pas la totalité de la game.

Une chose était claire, il fallait éviter à tout prix qu’elle se fasse démolir par Cris Cyborg à son tour.

Ronda a débuter sa carrière de MMA dans Strikerforce (maintenant vu comme le club école de la UFC).

Elle y testes ses compétences en bas de l’échelle avant de se faire voir au grand jour évidemment. Elle devient une “force to be reckon with” avec ses projections de judos et sa clé de bras. En fait la quasi-totalité de ses victoires se termine de cette façon.

Maintenant, elle doit gradué dans le “main roster” si je peux me permettre l’analogie.

On la fait affronter Liz Carmouche. Une autre “graduée” de Strikeforce.

Par la suite, on lui fait ré-affronter Miesha Tate, qu’elle a déjà combattue à Strikeforce.

4 victoires plus tard, elle trouve enfin son mur. On avais plus le choix, fallait trouver des opposants crédibles, ET SURTOUT PAS Cris Cyborg. Ses 7 victoires consécutives avaient une autre élément en commun hormis la manière qu’elle gagne : elle n’a jamais affronté une véritable “Striker”, le talon d’achille de Ronda. Une plutôt grosse faiblesse considérant que le striking est 50% de la game en MMA.

Arrive Holly Holm, une kickboxeuse. Certains diront que le combat fut un des plus gros upsets de l’histoire du sport. Mais pourquoi en fait ? Parce que Ronda était la favorite ? Un upset est quand le underdog ou la fameuse canne de tomate gagne le combat. On avait tellement but le koolaid de l’invincibilité de Ronda, qu’on s’était mis à croire que Holly Holm était juste une win facile de plus. Alors qu’il y avait toutes les raisons d’être inquiets.

Suite à sa défaite, Ronda se fait muette. Pendant ce temps, les MEMEs commence à circuler avec des images peu flatteuse de Ronda. Le héros a tombé, vite ! Crachons-lui dessus !

Petite paranthèse, Georges St-Pierre a vengé ses deux seuls défaites en MMA et  à ma connaissance n’a jamais rien fait pour offusquer ses fans. Pourtant au Québec, on rit de lui pas plus tard qu’au dernier Bye-Bye. On a rit de lui suite à sa VICTOIRE sur Johnny Hendricks, faut le faire ! GSP est dans le top 3 des plus grosses stars de MMAs de tous les temps. Pourquoi on a rit de lui au Québec alors qu’il a toujours livré la marchandise ?? C’est le Québec…

Donc on pourrait croire que même Ronda a but son propre kool-aid. Contrairement à Ronda, Connor McGregor, GSP et même CM Punk à la limite sont humbles dans la défaite. Ils acceptent la défaite, félicitent leurs adversaires. Les guerriers utilisent la défaite comme motivateur pour revenir encore meilleur. Ronda accepte mal la sienne, elle part en dépression, elle dit songer au suicide. Au final, tous le monde veut la revoir remonter à cheval, lui laissez la chance de venger son “upset”.

Le moment tant attendu vient. Elle affronte Amanda Nunes. Une autre vraie strikeuse, qui gagne la majorité du temps par K.O. Uh-oh!

Ronda tente de boxer et l’inévitable arriva. S’en était fait, il ne restait plus rien de l’invincibilité de Ronda.

Se fut d’ailleurs son dernier combat en MMA.

Même Dana White en Novembre dernier admet qu’il ne veut pas revoir Ronda dans un octogone. Paraphrasant :”Elle en a assez fait pour le sport.” La voir perdre encore ne servirant à personne, ni la UFC qui donnerait encore plus de munitions aux haters que Ronda était une “can crusher”, ni pour Ronda qui fermerait sa fiche avec 3 défaites par KO.

 

Chapitre 3 Haters gonna hate

Je vois Ronda comme un produit de son temps. Une pionnière qui a mise le sport sur la carte pour les femmes mais que à mesure que les autres femmes gagnaient du terrain, n’a tout simplement pas pu s’adapter à la compétition. En fait, son parcours peut rapeller celui de Ken Shamrock ou Royce Gracie, qui étaient des méga-stars dans les débuts de la UFC. Puis, la seconde génération de combattants qui avaient étudiés la nouvelle game ont éclipsés leurs exploits passés (notamment Tito Ortiz dans le cas de Shamrock et Matt Hughes dans le cas de Gracie).

Mais haïr un athlète dès qu’il perd, est-ce assez pour haïr Ronda. Est-ce que le hate est justifié ?

Je ne déteste pas Ronda, j’ai un respect infini pour sa contribution au sport. Ce que je déteste, c’est le hype entourant Ronda. Quand on prend l’audience pour des abrutis. Donc qu’est-ce qu’elle a fait la Ronda pour se faire haïr ? J’ai essayer de gratter un peu sur le web la réponse à cette question et voici les événements qui ont contribués au hate bandwagon. Parce que oui, les haters sont en général des suiveux.

Un manque d’esprit sportif

Ronda est vite devenue avec une attitude d’enfant gâtée suite à son winning streak. Refuser de serrer la main de son adversaire suite à un combat est un affront. La raison est simple, sans son adversaire, le combattant n’est rien. Comportement qui est difficile à digérer pour certains, venant d’une ex-olympienne.

The Ultimate Fighter, Team Rousey Vs Team Tate

Lors de la série The Ultimate Fighter, elle a été réunie avec sa rivale Miesha Tate. Évidemment il faut prendre toute télé-réalité avec un grain de sel. Même GSP, un modèle de classe, a eu l’air hautain lors de son passage à TUF.

Ronda entrain de faire un middle finger à Tate durant TUF.

En bref, Ronda a paru comme manquant totalement de classe, échappant régulièrement des “b**ch!” à l’endroit de Tate. Encore une fois, tu ne t’attends pas de voir le héros employé un langage ordurier.

Son hypocrisie en général

Ronda se proclaimait un modèle pour tous les femmes. Que les femmes ne devrait pas réussir et avoir de free pass seulement à cause de son physique. Son message est certes valable, mais elle a poussé l’enveloppe un peu trop loin en entrant dans une guerre de mots avec la ring girl la plus populaire de la UFC Arrianny Celeste.

Ronda a paru comme une bully dans l’échange et l’internet lui ont fait vite remarquer que Ronda, bien que sachant se battre, aussi a eu des traitements de faveurs à cause de son apparence.

SI Swimsuit 2015 – Athletes Shoot

Surtout après avoir fait les couvertures de magazines en bikini. C’est dur de reprocher à une ring girl de vendre son image corporelle.

Sur le même sujet de l’hypocrisie, elle envoit plusieurs jabs à Floyd Mayweather. “Ça doit faire drôle de se faire battre par une femme?”. Effectivement bien envoyé, sachant que Mayweather a déjà battu sa conjointe. Tout va bien jusque là, jusqu’à temps que Ronda se marie à un autre combattant, Travis Browne, qui aussi à son tour, battu son ex-femme. Pas pire ironie.

 

Ses illusions de grandeurs.

`”Je pourrais battre Mayweather.”

Va dire sa à McGregor pour le fun.

Le faux hype

Pas plus tard qu’il y a deux semaines, les sites de MMAs ont répandus la fausse nouvelle que Connor McGregor était numéro pour 2017 dans les personnalités les plus cherchés sur Google en 2017 et que Ronda Rousey y était toujours. Méga gros hic. La liste est paru en décembre 2017 et ne figure ni l’un ni l’autre.

Voici le VRAI lien

https://trends.google.com/trends/yis/2017/US/

Appliqué les filtres pour États-Unis et Athlète.

1 Floyd Mayweather
2 Gordon Hayward
3 Aaron Boone
4 Paul George
5 Tony Romo
6 Aaron Judge
7 Lonzo Ball
8 Carmelo Anthony
9 Sergio Garcia
10 Isaiah Thomas

Intéressant hein. Allons en 2016. Ronda n’y est toujours pas.

En fait, le Business Insider a rapporté lui la vraie liste, quelque jour après l’annonce de Google Trends en Décembre 2017.

http://www.businessinsider.com/google-most-searched-for-athletes-2017-2017-12

Donc…. eh bien, oui les sites de MMAs sont non seulement deux mois en retard mais ont diffusés une fausse liste provenant d’un site de revente de bijou. Alors que la vérité était à 3 cliques.

Le site de bijou : https://www.danarebeccadesigns.com/resources/google-and-fame

La fameuse fausse liste. Sérieux là… Qu’est-ce qui jure sur la liste ? O.J. Simpson !? Il est sorti de prison, ça la buzzé 3 jours. Tiger Woods ? Il a perdu ses commanditaires il y a quelques années et ne gagne plus rien depuis un méchant temps.

Bref j’en suis venu à haïr le kool-aid, parce que c’est pas du vrai jus.

CHAPITRE 4, la WWE, bon pour toi, bon pour moi.

Le star power de Ronda est encore là. Il a pâlit un peu, mais toujours là. Ronda ne manquera pas de job pour les 10 prochaines années c’est aussi simple que ça. Elle a sa place à la WWE ? Absolument ! Les fans de lutte qui chialait sur le retour de Goldberg, à la limite je peux comprendre, mais sur l’entrée de Rousey en WWE, le fait qu’elle va direct vers le titre c’est complètement différent. Qu’on approuve ou pas, Ronda en WWE, c’est best for business.

  • En 2017 Ronda est plus big que Goldberg
  • C’est du nouveau, c’est frais. On ramène pas un vieux champion.
  • La division féminine a besoin de mainstream exposure autre que des shows comme Total Diva.
  • Ronda risque d’être la Brock Lesnar féminine.
  • En conclusion, attendons avant de courrir aux torches et aux fourches.